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Décolâge - Kit pédagogique : Le jeu, vecteur d'apprentissage ? Oui, mais pas à n'importe quelles conditions !

 
Objectif
 
  • Mettre en évidence les éléments nécessaires à l’utilisation du jeu dans une perspective de construction des apprentissages.

Jeu, élèves, enseignants : trio gagnant pour l’apprentissage !

À l’école maternelle, comme au début de l’école primaire, on propose souvent aux élèves d’apprendre en jouant. Cependant, pour que le jeu soit un véritable outil au service de l’apprentissage, il faut être attentif à la manière de l’exploiter ainsi qu’au rôle essentiel de l’enseignant dans ce type d’activités.

Lorsqu’on joue, on agit en fonction d’un objectif – gagner la partie – qu’il s’agisse d’un jeu de compétition ou de collaboration, qu’il s’agisse de gagner face aux autres ou ensemble. Pour gagner, les joueurs mettent en place des stratégies, observent celles des adversaires ou des partenaires, mais analysent également au cours du jeu l’efficacité des stratégies mises en place : « Ai-je bien atteint le but que je m’étais fixé en agissant de telle ou de telle manière ? Ai-je bien fait de garder cette carte pour la suite du jeu ? Cela m’a-t-il permis de gagner ? ». De cette manière, lors de la partie suivante, les joueurs peuvent adapter leurs stratégies pour gagner.

Ainsi, le jeu permet aux joueurs d’entrer dans un cycle d’actions, d’expériences, de réflexions qui les amènent petit à petit à être conscients de l’action qu’ils produisent sur le cours de la partie et à apprendre de leurs expériences de jeu : « Si j’ai gagné, c’est parce que j’ai dit un mot qui pouvait convenir à l’image du chat mais qui comportait un plus grand nombre de syllabes à savoir « cha-ton » » (Cf. jeu de bataille de mots).

Prendre conscience de son action et de l’apprentissage produit n’est pas facile pour l’élève. Cela n’est d’ailleurs pas forcément plus facile pour le joueur adulte ! Le rôle de l’enseignant et la manière dont il guide l’échange autour du jeu avec les élèves est essentiel. C’est la verbalisation, l'explicitation par l'élève guidé par l’enseignant qui l’amène à prendre conscience non seulement de ses stratégies mais également des raisons de l'efficacité de celles-ci.

Sans cette présence de l’enseignant comme observateur et guide des interactions autour du jeu, l’apprentissage n’est pas garanti pour tous, même si le jeu est joué à de multiples reprises.

Implications sur mes pratiques de classe

Le rôle de l’enseignant dans l’interaction

En tant qu’enseignant, avoir conscience du rôle d’observateur, de médiateur dans l’interaction autour d’un jeu est essentiel si on souhaite l’utiliser au service de l’apprentissage. Ainsi, il s’agit de guider les échanges entre les joueurs. On n’abordera donc  pas un atelier jeu de la même manière si on a conscience de ce rôle ou si on l’ignore. On sera plus attentif à demander aux élèves d’expliciter, de reformuler les actions posées, les stratégies employées ainsi que les raisons de leurs stratégies :

  • Enseignant : « Pourquoi tu dis chaton au lieu de chat ? »
  • Élève : « Parce que chaton il y a plus que chat, ça fait deux. Cha-ton. Alors je gagne si je dis chaton. »

Après le jeu, il est intéressant de revenir sur ces éléments, d’organiser un débriefing, de permettre aux élèves d’échanger à propos de ces stratégies et leurs raisons d’être, de leur efficacité :

  • « Qui a gagné ? Pourquoi a-t-il gagné ? Qu'est-ce qui a permis qu'il gagne ?  Comment a-t-il fait pour gagner ? Qu'a-t-il fait de différent des autres ? »

À partir de l’explicitation de sa stratégie, de l’explicitation de comment il a fait (ou voulu faire), l’élève peut prendre conscience de son action et la contrôler :

  • « Ah ouiiii… c’est pour ça que j’ai fait ça ! Et ça a marché. Faudra que je  recommence ça à  la prochaine partie alors ! »

Mettre en commun les stratégies des différents joueurs (élèves), argumenter le choix de telle ou telle stratégie, la confronter aux arguments des autres constituent également des voies d’explicitation intéressantes :

  • « Est-ce que ma stratégie tient la route ?  Est-ce qu’elle est efficace ?  N’y en a-t-il  pas une plus efficace parmi celles de mes copains ? »

La mise en commun des stratégies permet aux élèves de se libérer de « la » bonne réponse. Il n'y a pas qu'une seule manière de jouer : il y a plusieurs interprétations possibles du jeu et de ses règles. Dans un jeu, tout ce qui n’est pas interdit par la règle est autorisé, comme le montre la séquence suivante du jeu de bataille de mots :
  Noa retourne la carte « chaton », Nathan la carte « éléphant »

  • Nathan : « C’est moi qui gagne. Eléphant ça fait trois é-lé-phant (3 syllabes). »
  • Noa : « Non, c’est moi ! »
  • Nathan : « Non, toi c’est un. Chat on dit qu’une fois. (une syllabe) »
  • Noa : « Non, même pas vrai ! Regarde ch-a-t-on. Ca fait quatre ! (4 phonèmes) »
  • Nathan : « Madaaaaame, y a Noa qui triche ! Il change les règles du jeueueueueu… »

Valider ces stratégies originales (auxquelles l’enseignant n’aurait peut-être pas pensé) exige de lui beaucoup de souplesse et d'esprit d'à propos. Si une stratégie est intéressante au niveau des compétences visées par le jeu, l’enseignant ne peut dire à l’élève « Ah non ! Ce n’est pas la règle ! On a dit qu’on comptait le nombre de syllabes, on compte le nombre de syllabes. » A nouveau, son rôle est essentiel. Il va permettre d’expliciter, d’argumenter, de comparer, de discuter les différentes interprétations de la règle ensemble autour du jeu :

  • « Ah bon et pourquoi tu dis ch-a-t-on ? Pourquoi pas cha-ton ? … »

Le rôle de l’enseignant dans le choix du jeu

Dans de nombreux cas, le jeu est encore prioritairement choisi en fonction du thème du moment (les pirates, la fête de Pâques, la fête des pères, l’automne, etc.). Or, si on s’inscrit dans une perspective d’apprentissage, cela signifie également qu’il faut choisir le jeu proposé en fonction des apprentissages que l’on vise. Par exemple, en ce qui concerne la construction du concept de nombre, si l’enseignant remarque après analyse qu’un groupe d’élèves connaît la litanie, la chanson des nombres mais ne parvient pas à dire combien il y en a en tout, il est opportun qu’il propose un jeu qui – grâce à son intervention, son guidage dans les interactions autour du jeu – va permettre aux élèves de faire évoluer leurs représentations.

Le rôle de l’enseignant : la prise de conscience par l’élève de ses apprentissages

Puisqu’on est dans une perspective d’apprentissage, qu’on propose le jeu avec une intention d’apprentissage, il est important que les élèves soient eux aussi conscients de cet objectif d’apprentissage qui se cache derrière le jeu. On ne joue pas que pour jouer mais aussi pour apprendre. Cela se prépare avant le jeu et s’analyse après le jeu.

Avant le jeu : présentation explicite de l'objectif d'apprentissage de l'activité. Il s'agit d'éveiller à la fois une conscience d'apprendre et une intention d'apprendre.

  • « On va découvrir un nouveau jeu. J'ai choisi ce jeu spécialement pour vous, pour vous permettre d'apprendre quelque chose... Cet après-midi, on tentera de découvrir  quelle est mon idée, pourquoi j'ai choisi ce jeu. »

Après le jeu : retour et échange sur l’objectif d’apprentissage :

  • Enseignante : « Qu'avez-vous appris grâce au jeu ? Qu'est-ce qui vous a surpris ? Pourquoi pensez-vous que je vous ai proposé ce jeu ? »

Conclusion

Le jeu ne peut être considéré comme un outil magique ! Il ne suffit pas de donner un jeu aux élèves pour qu’ils apprennent. Si l'intervention de l'enseignant est importante au niveau interactionnel (contrôle de la frustration, encouragement, rappels à l'ordre...) et qu'il reste souvent un « arbitre » lors de désaccords, son rôle ne se limite à cela. En initiant une prise de distance par rapport au jeu et à l'action, l’enseignant inscrit celui-ci dans une visée d'apprentissage. Son rôle d’observateur, de guide dans l’échange et dans l’interaction est déterminant !

 

 

 

 

 

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