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Décolâge - Kit pédagogique : Le jeu de bataille de mots

 

Objectifs

  • Décrire le jeu de bataille de mots et mettre en évidence les stratégies à mobiliser pour gagner.
  • Illustrer l’intérêt d’une utilisation pertinente du jeu dans la construction du principe alphabétique.

En quoi consiste le jeu de bataille de mots ?

Le jeu de bataille de mots est un jeu d’apprentissage. Il a été créé de façon à ce que l’élève puisse apprendre à entrer dans la structure sonore des mots. Plus spécifiquement, il amène l’enfant à se familiariser avec la structure syllabique des mots, la décomposition orale des mots en syllabes.

Pour l’enfant de 3e maternelle, c’est le découpage en syllabes orales qui prime. Dans le cas de chapeau, le découpage en syllabes écrites, cha-peau, coïncide avec celui des syllabes orales. Les choses sont plus compliquées quand il y a un e muet en final : girafe compte 2 syllabes orales - gi-rafe -, mais 3 écrites - gi-ra-fe. De même biberon peut être découpé en deux syllabes orales bib’ – ron mais en trois syllabes écrite bi-be-ron.

Le jeu de bataille de mots est téléchargeable sur le site enseignement.be. Pour construire le matériel, il suffit d’imprimer la planche de jeu, de la plastifier, de la découper et le tour est joué !

Le lien ci-dessous vous permettra de visionner une courte séquence vidéo qui explique comment réaliser ce jeu mais également comment y jouer, les stratégies à mobiliser pour gagner. Ce lien vous permet également de télécharger la planche de jeu.

 Educatube: "Entrée dans l'écrit à l'école maternelle - Jeu de la bataille des mots"

Ces différents éléments seront également repris dans le texte ci-dessous.

Quand utiliser le jeu de bataille des mots ? Quelles sont les compétences ciblées ?

Ce jeu peut être proposé à un enfant qui n’a pas encore perçu le lien entre l’oral et l’écrit. L’idée est justement qu’à travers ce jeu, et surtout grâce aux interventions de l’enseignant pendant le jeu, l’élève se rende compte de ce lien. Il est possible de laisser des enfants jouer sans la présence de l’enseignant, mais seulement dans le cas où le but est d’asseoir la décomposition de mots en syllabes pour ces enfants qui auraient déjà acquis cette compétence.

Fonctionnement du jeu

Nombre de joueurs : 2 ou plus

Composition du jeu : 32 cartes

Règles du jeu :

Le jeu de bataille des mots est basé sur un des premiers jeux qu’on apprend lorsqu’on est encore très jeune : le jeu de bataille ! Avant de jouer, il est bon d’observer et de décrire les dessins présents sur les cartes. Effectivement, ce qu’ils représentent n’est pas toujours évident.

On distribue toutes les cartes entre les différents joueurs qui les rassemblent chacun en un paquet, face cachée, devant eux.

Chacun, simultanément, retourne la carte du dessus de son paquet et la pose, face visible, sur la table.

Celui qui a la carte « la plus forte » ramasse les autres cartes.

La « force » des cartes est déterminée par la longueur du mot désigné par l’illustration : « éléphant » (3 syllabes) l’emporte sur « renard » (2 syllabes)

Lorsque plusieurs cartes ont la même valeur, il y a « bataille » : lion (2 syllabes) et hibou (2 syllabes).

Lorsqu’il y a « bataille », les joueurs tirent une autre carte et la posent, face cachée, sur la carte précédente. Puis, ils tirent encore une nouvelle qu’ils posent alors face visible. Cette dernière carte est celle qui départagera les joueurs.

Le gagnant est celui qui remporte toutes les cartes.

Liste des mots représentés sur les cartes :

Quelles sont les stratégies à mettre en place pour gagner ce jeu ?

L’élève qui veut gagner doit décomposer le mot qui comprend le plus de syllabes. Pour ce faire, les élèves sont évidemment autorisés (voire encouragés) à proposer un synonyme plus long que celui inscrit sur la liste ci-dessous.  Cette façon de faire peut s’installer d’elle-même lorsque les enfants ont compris les règles du jeu et le but de ce dernier.

Exemples :

  • « Chaton » (deux syllabes) à la place de « chat » (une syllabe).
  • « Bourricot » (trois syllabes) à la place de « âne » (une syllabe).
  • « Labrador » (trois syllabes) à la place « chien » (une syllabe).
  • « Étalon » (trois syllabes) à la place « cheval » (deux syllabes).
  • « Ballon » (deux syllabes) à la place de « balle » (une syllabe).
  • « Nounours » (deux syllabes) à la place de « ours » (une syllabe).
  • … (l’imagination des enfants déborde !)

Adaptations des règles du jeu (non exhaustif – à décliner au gré des intentions d’apprentissage)

Si le jeu de bataille de mots a été créé pour des élèves de troisième année maternelle, les règles de ce jeu peuvent être détournées, adaptées en fonction du niveau de développement de l’élève ou de ses besoins.

Par exemple, il n’est pas obligatoire de jouer avec l’ensemble des cartes. On peut choisir d’en limiter le nombre dans un premier temps.

De même, si un groupe d’élèves est très à l’aise avec la décomposition syllabique des mots, on peut modifier la règle et privilégier une décomposition phonémique des mots :

ch-e-v-a-l (5 phonèmes, 5 sons) l’emporte sur ch-i-en (3 phonèmes, 3 sons).

Dans une classe de première primaire, on peut travailler sur une décomposition de phrases en mots :

Un kangourou qui porte son petit dans sa poche (9 mots) – l’emporte sur
L’hélicoptère qui vole dans le ciel (7 mots).

Jeu, élèves, enseignants : trio gagnant pour l’apprentissage !

À l’école maternelle, comme au début de l’école primaire, on propose souvent aux élèves d’apprendre en jouant. Cependant, afin que le jeu soit un véritable outil au service de l’apprentissage, il faut être attentif à la manière d’exploiter les jeux ainsi qu’au rôle essentiel de l’enseignant dans ce type d’activités.

La séquence de classe ci-dessous – qui concerne le jeu de bataille de mots – et son analyse en vis-à-vis ont pour objectif de mettre en évidence ces éléments essentiels pour une exploitation efficace du jeu en classe. Dans un souci de lisibilité, nous vous conseillons de lire d’abord la séquence de classe en entier (colonne de gauche dans le tableau) avant d’y associer l’analyse.

Extrait d’une séquence autour du jeu de bataille de mots

Contexte :

Activité en ateliers : l’enseignante s’occupe de l’atelier jeu de bataille de mots. Deux enfants se trouvent à cet atelier : Michaël et Gaetano.

L’enseignante a préalablement expliqué le fonctionnement du jeu et a identifié les images représentant les mots avec les élèves.

Arrive le moment où Gaetano pose la carte représentant un chat et Michaël celle représentant un cheval…

Séquence Analyse de la séquence

Gaetano : « Chaton : c’est bataille ! »

Michaël : « Non, c’est pas bataille, c’est moi qui gagne ! »

Gaetano : « N’importe quoi, c’est bataille j’te dis ! »

Michaël : Silence contrarié…

Chacun retourne une nouvelle carte face cachée puis une seconde carte face visible. Gaetano a la carte "écureuil" et Michaël la carte "dent".

Gaetano : « Yes, j’ai gagné ! »

Michaël : « Et nooooon. Ça va pas, c’est pas juste ! »

Enseignante : « Qu’est-ce qui se passe ? »

Michaël (en bougonnant) : « C'est pas juste parce que Gaetano, il a dit "chaton" au lieu de "chat" et puis après il a gagné la bataille. »

Enseignante : « Pourquoi ce n'est pas juste ? » 1

Gaetano : « Mais si, c'est juste ! »

Michaël : « Même qu'un chaton c'est plus petit qu'un chat alors ça se peut pas qu'il fasse la bataille avec le cheval. »

Enseignante : « Michaël, peux-tu répondre à Gaetano ? »

Gaetano : « Mais si, c'est juste ! On peut dire "chaton" ... (et puis) "chaton" ça fait deux et "chat" un alors c'est plus ! » 2

Michaël : « Mais c'est plus petit, c'est un petit chat ! »

Gaetano : « Mais dans le jeu c'est pas comme dehors ! Dans le jeu, c'est comme on dit, on compte, "cha-ton", c'est deux. Dans le jeu, "chaton", c'est deux et "chat", c'est un. » 3

Michaël : Silence dubitatif…

Gaetano : « Allez, on refait ? »

Gaetano retourne la carte "balle", Michaël la carte "chien".

Gaetano : « C’est encore moi qui gagne ! J’ai "ballon", ça fait deux. "Ba-llon" (il montre sur ses doigts) et toi t’as "chien" c’est un. »

Michaël : « Et moi aussi je peux tricher alors, hein madame, je peux dire "labrador" ? À la maison, mon chien c’est un labrador. » 4

Enseignante : « Pourquoi tu dis que c’est tricher ? » 5

Michaël : « Ben parce que l’autre fois on avait dit "chien", pas "labrador". »

Enseignante : « Tu trouves que c’est tricher toi Gaetano ? »

Gaetano : « Ben non c’est pas grave du moment que c’qu’on dit c’est sur l’image. »

Enseignante : « Et pourquoi est-ce qu’on peut changer de mot ? » 6

Gaetano : « Ben parce que si on veut gagner, il faut dire le mot qui a le plus quand tu comptes. »

Enseignante : « Qui a le plus de quoi ? » 7

Michaël : « De parties que tu dis dedans. »

Gaetano : « Oui comme tantôt que j’avais "écureuil", "é-cu-reuil", tu dis trois fois et Michaël "dent", un. »

Le jeu continue…

Enseignante : « Bon, on arrête là pour aujourd’hui. Alors, qu'avez-vous appris grâce au jeu ? Qu'est-ce qui vous a surpris ? Pourquoi pensez-vous que je vous ai proposé ce jeu ? » 7

Michaël : « Moi je ne savais pas qu’il y avait des parties dans le nom de l’image qu’on dit. Maintenant, je pourrai gagner parc’que j’croyais pas que c’était ça qu’il faut faire. » 8

Enseignante : « Et toi Gaetano ? »

Gaetano : « Ben moi je savais déjà mais je crois que tu veux qu’on apprend les parties des mots, de dire les parties des mots. » 8

1 L’enseignante, qui suit la scène depuis le début, intervient pour exploiter la « dispute » de Gaetano et Michaël.
Elle aurait pu se limiter à dire « Et non, on ne se dispute pas ! C’est Gaetano qui a raison, il a dit "chaton" qui fait deux syllabes et toi tu as dit "cheval" qui fait deux syllabes aussi. Il y a donc bien bataille. Jouez maintenant ! »
Ce type d’intervention aurait coupé court à l’intention d’apprentissage que l’enseignante voulait mettre derrière le jeu de bataille de mots. Son rôle d’observateur et de « médiateur » est indispensable pour y parvenir.
D’ailleurs, elle parvient à faire émerger les représentations, le déjà-là des deux élèves.

2 Michaël ne comprend pas que l’on est occupé à travailler sur la structure sonore du mot, il s’attache à l’objet réel présent sur les cartes de jeu.

3 Gaetano, lui, a compris l’objectif du jeu et met en place des stratégies pour gagner. Il explique alors à Michaël qu’on n’est pas dans la réalité, qu’il s’agit d’un jeu et que ce qui permet de gagner c’est de dire le mot qui a la plus de syllabes. Gaetano est déjà attentif à la structure sonore du mot contrairement à Michaël.

4 Lors de la manche suivante, Michaël s’approprie peu à peu la stratégie mise en évidence par Gaetano. Il propose alors de « tricher » à son tour en proposant un mot plus long que celui prévu initialement pour l’image.

5 L’enseignante interpelle alors Michaël et Gaetano sur ce sentiment de « triche ». Elle veut qu’ils se rendent compte qu’il n’existe pas qu’une seule manière de jouer. Plusieurs interprétations de la règle sont possibles pour gagner et dans un jeu, tout ce qui n’est pas interdit est autorisé !

6 Alors elle demande à nouveau à Gaetano de verbaliser sa stratégie, ce qu’il met en place pour gagner.
L’attitude de l’enseignante peut être saluée car, lorsqu’on est occupé à gérer son atelier jeu en plus de surveiller les autres élèves occupés en autonomie…Quand on a le nez sur le guidon, ce n’est pas si simple de valider les détournements de la règle proposés par les élèves. Elle aurait pu dire « Non, on a dit chien, c’est chien pour tout le monde ! ». Or, en agissant de la sorte, on perd l’intention d’apprentissage de ce jeu ainsi qu’une occasion pour l’élève de s’en approprier les règles.

7 Durant le jeu, comme à l’issue de celui-ci l’enseignante veille à ce que les élèves perçoivent l’intention qu’elle avait en proposant ce jeu, l’objectif d’apprentissage qu’elle voulait atteindre par ce jeu. Elle demande également aux élèves ce qu’ils ont appris, ce qu’ils ne savaient pas avant le jeu mais qu’ils ont appris grâce au jeu (Cf. réponse de Michaël et Gaetano 8).
Cette attitude de l’enseignante est essentielle afin que les élèves se rendent compte qu’il existe un objectif caché derrière les activités qu’on leur fait faire en classe. Il y a toujours une intention d’apprentissage derrière ces activités : je joue au jeu de bataille des mots pour me rendre compte qu’un mot est composé de sons qui peuvent être regroupés en syllabes.

Comme l’ont montré cette séquence de classe autour du jeu de bataille de mots et son analyse, le rôle de l’enseignant est essentiel lors de toute activité d’apprentissage et – à fortiori – lors d’une activité d’apprentissage autour du jeu : observer les élèves en train de jouer, les stratégies qu’ils mettent en place pour gagner, leurs représentations, leur déjà-là à propos de la compétence travaillée par le jeu, les faire verbaliser à propos de tout cela, interagir efficacement afin de faire évoluer leurs représentations, afin de jouer le médiateur entre l’élève et le savoir en jeu… tout cela est indispensable ! La tâche de l’enseignant n’est pas simple mais elle est essentielle si l’on veut que les élèves apprennent et soient conscients de leurs apprentissages

 

 

 

 

 

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